MALI : Démission forcée du Premier Ministre Dr Cheick Modibo DIARRA. +++ SANOGO : Cheick Modibo Diarra "était devenu un danger pour le pays" +++ MALI: Diango Sissoko nouveau Premier Ministre nommé par le Président par intérim. +++ Primature : Cheick Modibo passe le témoin à Diango et affirme toujours sa disponibilité pour servir le Mali en tant que soldat du développement. +++ Mali : le nouveau Premier ministre poursuit ses consultations.
passation1
passation2
passation3

Dialogue avec le MNLA : la logique d’abdication du Gouvernement

Ramant à contre-courant de l’opinion la plus généralement répandue, au plan national, le Gouvernement est sur le point d’ouvrir des négociations directes avec le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Un groupe armé qui a refusé de déposer les armes et qui considère encore Kidal comme « son territoire » y faisant régner sa loi en l’absence de toute autorité de l’Etat.

Après avoir méprisé le Mali au point de proclamer l’indépendance de l’Azawad, le MNLA a exigé et est en passe d’obtenir  l’ouverture d’un « dialogue politique » avec « le pouvoir central de Bamako ». 

Le 6 avril 2012,  en effet, dans une « Déclaration d’indépendance de l’Azawad », publiée sur son site Internet, le groupe proclamait la «reconnaissance des frontières en vigueur avec les États limitrophes et leur inviolabilité », « l’adhésion totale à la Charte des Nations unies » et « l’engagement ferme du MNLA à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l’État basés sur une Constitution démocratique de l’Azawad indépendant ». 

Cette déclaration d’indépendance condamnée, à l’poque par la communauté internationale, a été signée par le  Bilal Ag Achérif, secrétaire général du mouvement de la rébellion armée touareg. Un mouvement qui prétend avoir pris le contrôle de Kidal après la débandade des éléments de Ansar Eddine, de Iyad Ag GHALY, face à l’avancée des troupes françaises qui ont rapidement investi l’aéroport de Kidal après la libération de la ville de Gao le 26 janvier 2012, quelques jours seulement après le lancement de l’opération « Serval » qui stoppé les jihadistes de tous bords à Konna dernier verrou avant Sévaré.

Position de défiance 

Pour le groupe rebelle du MNLA qui reprend de plus en plus du poil de la bête, à la faveur de larges complaisances internes comme externes, après avoir renoncé un moment à son projet de partition du territoire national,   le dialogue avec le Gouvernement est devenu un préalable inconditionnel à toute déposition d’arme. 

C’est en fonction des résultats issus des négociations que le MNLA décidera ou non de déposer les armes, à en croire ses premiers responsables. 

C’est la position clairement définie ; alors que l’on assiste paradoxalement à maintien de l’indépendance de l’Azawad et la multiplication des actes de provocation à l’endroit de l’Etat.

A contrario, pour le Gouvernement, il était question d’abord de déposer les armes et de reconnaître l’intégrité du territoire national pour l’ouverture d’un dialogue auquel par ailleurs rien d’autre ne devrait s’opposer. 

Le président par intérim, Dioncounda TRAORE, soutient d’ailleurs que le seul groupe avec lequel il est possible de négocier, c’est bien le MNLA, à condition toutefois qu’il dépose les armes. 

Cette ouverture est faite même si elle ne traduit pas là l’opinion de la majorité des communautés sédentaires du Nord ainsi que celle des populations des autres régions du pays pour qui le MNLA n’est rien moins qu’un pestiféré. 

‘’Le seul groupe avec lequel nous pouvons envisager des négociations c’est certainement le MLNA à condition que le MLNA renonce à toutes ces prétentions territoriales», avait-il martelé. 

Le Gouvernement considère qu’il s’agit là d’une main tendue et d’une preuve de sa bonne foi pour la résolution de la crise sécuritaire qui secoue le Nord. Ce, d’autant plus que rebelles ont toujours eu la manie de l’accuser de faire exactement le contraire de ses engagements officiels. Encore, s’il s’agissait véritablement d’engagement avec des groupes rebelles qui menacent l’intégrité du territoire national et entravent tous les efforts de développement dans les régions du Nord du fait de leurs actes de grand banditisme. 

C’est le même son de cloche du côté de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) dont les chefs d’Etat, à l’issue d’une réunion en Côte-d’Ivoire, ont à leur tour posé les mêmes conditions que notre pays pour l’ouverture d’un dialogue avec les rebelles narcotrafiquants du MNLA. 

Il s’agit, selon la CEDEAO, avant tout chose, de : déposer les armes et reconnaître l’intégrité territoriale du Mali. 

Ce à quoi le MNLA, décidemment en manque de modestie et de retenue, a violemment réagi en accusant l’organisation communautaire de parti pris en faveur de l’Etat malien, d’ignorer volontairement les violations des droits des peuples de l’Azawad, de la marginalisation dont ils font l’objet en matière de reconnaissance nationale par des distinction… Et pour tout couronner, il défie l’organisation communautaire en maintenant son projet d’indépendance de l’Azawad. 

La capitulation ?

Jusqu’à preuve du contraire, nonobstant les nombreuses démarches entreprises dans les coulisses, par de hautes personnalités, le MNLA n’a pas reconnu l’intégrité du territoire national, il n’a pas non plus déposé les armes et n’est pas près de le faire. 

Le prétexte tout trouvé étant de protéger les populations de l’Azawad des exactions que pourraient commettre sur elles l’armée malienne en prenant pied à Kidal. 

Il s’est même entêté dans sa logique de création d’un état de l’Azawad, à travers son armée (Bandits armés), son drapeau, sa devise, son comité transitoire de l’état de l’Azawad (CTEA) qui est l’organe dirigeant pour le moment… 

Un véritable camouflet pour un Gouvernement qui croit pourtant si bien faire au nom de la paix et de la réconciliation nationale en se sabordant lui-même.

Preuve affligeante de sa capitulation, le Gouvernement est sur le point d’ouvrir des négociations avec le groupe rebelle qui ne justifie d’aucune légitimité pour parler au nom des populations de Kidal, encore moins des régions de Gao et Tombouctou. 

Cette information est soutenue dans de nombreux milieux diplomatiques qui ne cachent pas que le dialogue avec le MNLA, la mise en place d’une Commission dialogue et réconciliation et l’organisation de l’élection présidentielle, en juillet prochain, sont des passages obligés pour notre pays et sur lesquels la communauté internationale est particulièrement regardante.

Des fautes lourdes ont été commises dans le sens des négociations ciblées par le passé et dont on gère encore les conséquences catastrophiques. 

L’on est alors sidéré de constater que le Gouvernement de transition, pour faire plaisir à on ne sait qui précisément, se prépare à verser ouvertement dans la violation de la légalité en engageant le dialogue avec le MNLA à l’exclusion notoire des populations sédentaires majoritaires du Nord. 

Le Mali n’a pas le droit de négocier et de s’engager envers un groupe rebelle. 

C’est contraire à la loi hier comme aujourd’hui. Et la fin ne justifie pas tous les moyens quand bien même c’est une certaine communauté internationale qui impose ‘’amicalement’’ ce dialogue sachant bien que c’est une résolution onusienne qui l’interdit clairement avec les terroristes preneurs d’otages et tous leurs complices.

Fondant son bon droit dans la violation des dispositions réglementaires, le MNLA nargue royalement le Gouvernement ; mais aussi, la communauté internationale au point de jeter l’hypothèque sur la tenue des élections à Kidal si ses revendications ne sont pas satisfaites.  

« Tant qu’il n’y aura pas d’accord-cadre entre Bamako et le MNLA, il n’y aura pas d’élections chez nous », rétorquait fermement un responsable du mouvement touareg contacté par Jeune Afrique. 

Ainsi, cette fois-ci, c’est un accord-cadre que les rebelles revendiquent comme s’ils jouissaient d’un mandat électif ou qu’ils pouvaient traiter d’égal à égal avec un Etat souverain. 

Tout porte à le croire malheureusement et tout indique que l’accord-cadre sera le document officiel contenant surtout l’ensemble de leurs desiderata et dont l’application s’imposera au pays. 

Le mauvais service

Malgré tous ces actes de défiance,  l’on apprend que le Premier ministre, Django SISSOKO, est attendu à Kidal pour jeter les bases du dialogue qui se prépare activement dans les coulisses par de hautes personnalités, notamment du monde de la diplomatie. 

Aucune date n’a été donnée quant à cette visite comme l’on pouvait s’y attendre en raison de la situation sécuritaire. 

Mais ce qui est certain, c’est que c’est un très vilain service que l’on se prépare à rendre au Mali en s’accoquinant avec le MNLA à l’exclusion notoire des autres communautés du Nord qui ont plus que leur mot à dire. Cela, après le coup fourré du très controversé Accord d’Alger, du 4 juillet 2006, qui a été finalement un remède pire que le mal. 

C’est à croire que l’on va de Charybde à Scylla et que le bout du tunnel n’est pas pour demain. 

La faiblesse dans la position du Gouvernement était déjà perceptible dès lors qu’il s’est abstenu, pour d’obscures raisons, de nommer un Gouverneur  à Kidal à la différence des autres régions du pays. Comme s’il s’agissait d’un aveu que Kidal s’était émancipée de la tutelle de l’administration malienne. 

S’agissait-il, au contraire,  d’une manière de ne pas jeter de l’huile sur le feu, les rebelles ne reconnaissant pas le Mali en tant que tel même s’ils se permettent de demander l’ouverture d’un dialogue politique avec le pouvoir central de Bamako ?  

Dans tous les cas, la nature ayant  horreur du vide, le MNLA a pris sur lui la responsabilité de nommer son propre gouverneur en la personne de l’ancien chef du protocole du gouvernorat de la région. 

Même si ce dernier n’a ni l’étoffe, ni la carrure, la décision a tout son pesant d’or dans les rapports de forces entre l’Etat et le mouvement rebelle touareg. 

Il faut dire aussi que  les voix qui s’élèvent à l’étranger pour soutenir la tenue de l’élection présidentielle, en juillet prochain,  même sans la participation de Kidal, contribuent à fragiliser la position du Gouvernement qui doit à présent allier des impératifs non conciliables. A savoir intégrer Kidal dans le giron du Mali et tenir normalement les élections, d’une part ; de l’autre, accepter de mettre Kidal en marge du processus électoral et jeter les bases de son indépendance, sinon de sa large autonomie qui est réclamée pour elle depuis l’extérieur. 

Alain JUPPE, Romano PRODI, des parlementaires et hommes politiques européens qui ne connaissent que le mythe de l’homme bleu du désert… se sont transformés en chantres de la cause d’une large autonomie. 

Ce que des minorités réclament encore en Europe sans jamais pouvoir l’obtenir. 

Dans ces conditions, les donneurs de leçon devraient savoir raison garder en voyant la paille dans l’œil du voisin tout en se gardant de voir la poutre qui est dans ses propres yeux.

 

Par Bertin DAKOUO

 

 

 

 

Sondage

Démission du Premier Ministre Une bonne ou une mauvaise chose pour le Mali ?
Pub2info

Actualités internationales

Info-Matin le quotidien Malien des sans voix., Powered by Joomla!; Joomla templates by SG web hosting