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AFFAIRE CONSEIL MALIEN DES CHARGEURS : une politique de deux poids deux mesures ?

Les jours se lèvent et se succèdent au Conseil malien des chargeurs où le président sortant, Ousmane Babalaye DAOU fait, depuis plusieurs mois, d’une contestation générale de la part des opérateurs économiques, ceux-là qui, à un moment donné, avaient placé en lui leur confiance pour présider aux destinées de leur maison commune.

 

 

Jamais dans l’histoire de notre pays, un président d’une institution consulaire n’a connu pareille disgrâce aux yeux de ses mandants au point de lui infliger des blâmes pour finir, en toute souveraineté de le suspendre de toutes ses fonctions au terme d’une réunion extraordinaire du bureau à la demande des 2/3 des membres.  

Alors que des initiatives doivent être prises à tous les niveaux pour sortir le Conseil malien des chargeurs dans une crise sans précédent, suite à l’expiration du mandat de l’équipe sortante, en vue de mettre en place une transition pacifique au sein de cette institution, des manœuvres sont en cours pour torpiller ce processus. 

D’où la colère des opérateurs économiques qui viennent une fois de plus de hausser le ton pour dénoncer les tergiversations et les hésitations des nouvelles autorités de transition dans la gestion de ce dossier. Irrités qu’ils étaient, certains gros bonnets du monde des chargeurs n’ont pas hésité à charger les responsables devant s’occuper de cette question sensible pour leur manque de volonté et surtout leur manque de courage à trancher dans le vif. 

Réunis, hier dimanche, les opérateurs, préoccupés par la mort à petit feu de leur secteur à cause de la mauvaise gestion qui a gangréné l’institution consulaire au cours du mandat du président sortant, ont vivement interpellé le ministre des Transports et des infrastructures routières, le Lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré, à plus de responsabilité dans le traitement de ce dossier.

Au cours de cette réunion dont les débats ont été très houleux, les partisans de la mise en place d’un collège transitoire à l’image de la CCIM sont montés au créneau pour inviter le ministre à prendre toutes ses responsabilités afin de mettre fin, au plus vite, à cette mascarade de bien-être dans le milieu des chargeurs. Ceci, non pas sans argumentaires qui incriminent la gestion opaque de équipe sortante. 

D’après les participants à cette rencontre, lesquels réclament le départ pur et simple de Ousmane Babalaye à la tête du CMC,  l’homme qui se serait rendu coupable de malversations financières à hauteur de plusieurs centaines de millions, ne bénéficie plus de leur soutien et de leur confiance, encore moins de la majorité des opérateurs économiques.

 

L’exemple le plus illustratif qui soutient cette position  est la réunion du bureau du CMC du 15 avril 2013, soit quatre jours seulement après la fin officielle du mandat du président, rencontre au cours de laquelle Ousmane Babalaye a été mis en minorité par ses propres collaborateurs avant d’être mis au banc des accusés pour diverses fautes. 

Comme un véritable tribunal, le président sortant aurait essuyé, ce jour, des tirs croisés de la part du 2ème Vice-président, Massamady Diane ; du Secrétaire aux relations extérieures, Kissima Sylla ; du trésorier général et son adjoint, Bourama Mounkoro et Mme Sanogo Adja Mouye; et du secrétaire à la communication, Cyril Achcar. 

En dessous de ce lavage au savon : le non-respect par  le président du parallélisme des formes, la remise en cause des décisions communes de réunion du bureau, l’émission de plusieurs chèques sans se référer au bureau, le mépris à l’égard de ses proches collaborateurs.

D’où, après blâme, les 2/3 des membres (5 sur 7) constituant le bureau ont souhaité à ce qu’il soit infligé au président Babalaye la sanction prévue par le règlement intérieur : la suspension. Aussi, décident-ils de l’arrêt de toute opération bancaire sur le compte ouvert au nom du CMC dans une banque de la place. 

En clair, au terme de leur réunion, tous les opérateurs présents sont convenus que le secteur du transport, confronté aux nombreux défis qui se posent, doit rapidement renouer avec l’action et la compétitivité.

Car, indique-t-on dans ce milieu, il y va de l’intérêt des acteurs du secteur privé qui ont réellement besoin d’un décollage rapide des affaires dans le pays en raison justement du fait que l’institution consulaire dont le mandat est arrivé à terme depuis le 11 avril, n’aura plus de légitimité aux yeux des partenaires et des autorités portuaires des pays de la sous-région. S’y ajoute le fait qu’aucun organisme international, de même que les transporteurs, préviennent-ils, ne reconnaitront plus la signature des responsables de l’actuel bureau du CMC pour cause d’illégitimité.

Raison pour laquelle, les chargeurs ont indiqué la voie à suivre au ministre de tutelle qui est celle de la mise en place d’un collège transitoire comme ce fut le cas pour la Chambre du commerce et d’industrie du Mali. D’ailleurs certains disent ne pas comprendre cette politique de deux poids deux mesures des autorités face à cette situation pourtant similaire à l’affaire de la chambre du commerce qui a trouvé son épilogue par la mise en place d’un collège transitoire au grand soulagement du monde des affaires.

Pour les tenants de cette position, il ne s’agit plus d’une « affaire de personne », mais du devenir et du rayonnement d’un secteur dont le progrès ne peut que bénéficier à tous les opérateurs. 

D’où leur appel à l’endroit du ministre des Transports et des Infrastructures routières, département de tutelle, à entreprendre, en toute discrétion, la tenue d’une assemblée  générale des membres consulaires du district de Bamako pour définir les conditions de la mise en place d’une délégation pour diriger le CMC. Autrement dit, au-delà du 11 avril, les dirigeants actuels ne seront plus reconnus par les chargeurs.

En tout cas, pour ce gros bonnet du monde des affaires, si l’on veut que ça marche, il faut que les autorités prennent leur courage pour régler une fois pour toutes cette question qui ne profite aucunement à la majorité des opérateurs, mais seulement à une poignée d’individus. 

Par Mohamed D. 

DIAWARA

 

 

 

 

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