Carnet de voyage : les caïmans d’Houphouët dévorent un Malien
«Même s’il faut payer pour se faire enrôler, nous sommes prêts. Car, on nous a dit que si tu n’es pas enregistré, tu perds la nationalité malienne. Nous ne sommes pas Ivoiriens, nous ne sommes pas Maliens. Nous sommes d’où?». Ces propos sont d’un chef de famille malien installé à Yamoussoukro.
Mais avant la capitale politique ivoirienne, déjà à Bouaké (la plus grande ville du nord de la Côte d’Ivoire), nos compatriotes ont exprimé leur désarroi par rapport au RAVEC (Recensement à vocation d’état civil) à la forte délégation du président de la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), l’honorable Housseini Amion GUINDO.
Le sentiment du Malien résident à Yamoussoukro est partagé par ses collègues d’Abidjan.
Tous les chefs de famille sont inquiets pour leurs descendants, qui vont perdre la nationalité malienne du fait de leur non enrôlement au RAVEC.
Selon plusieurs témoignages, le RAVEC n’a pas pris en compte 2/3 de la communauté malienne de Côte d’Ivoire.
En effet, selon eux, le Recensement à vocation d’état civil n’a enrôlé que 13 000 personnes, alors que la communauté malienne de Côte d’Ivoire s’élève à plus à 4 000 000 d’individus.
Plusieurs raisons expliquent cette situation, selon ceux qui se sentent exclus de leur Patrie. Il s’agit, entre autres, du temps (un seul mois accordé aux agents recenseurs), l’exigence des pièces et la dispersion de la communauté.
Nos compatriotes ont dénoncé l’injustice faite à leur égard par les autorités. En effet, regorgeant la plus importante communauté malienne à l’étranger, les autorités n’ont donné qu’un seul mois aux recenseurs en RCI.
La seconde injustice, selon eux, c’est l’exigence des pièces nationales.
Dans un pays a connu plus de 10 ans d’insécurité et de guerre civile, où un sauve-qui-peut était installé, il est difficile pour les Maliens, tous les Maliens de Côte d’Ivoire, de fournir un document administratif. Car, durant ces années noires en RCI, ni l’ambassade encore moins consulats n’étaient fonctionnels même à 50%.
‘’Il fut un moment où les Maliens vivaient en clandestinité’’, a avoué un Malien.
C’est pourquoi, les Maliens de RCI exigent un second passage de l’équipe du RAVEC.
Ce second tour doit sillonner toutes les grandes et moyennes villes de la Côte d’Ivoire pour enrôler tous les Maliens recensés sur la base du témoignage des personnes enrôlées, proposent-ils.
En tout cas, nos compatriotes sont nombreux dans le pays de Félix Houphouët-Boigny. Cela a été prouvé lors de la rentrée politique de la CODEM, le dimanche dernier, au palais de la culture de Treichville. Dans un laps de temps, le palais de 4 000 place a fait son plein. Il ne pouvait pas contenir la communauté malienne venue à la rencontre de l’honorable GUINDO.
Mais le comble, apprend-on, est que plusieurs ressortissants qui voulaient faire le déplacement du palais avaient été priés de rester à la maison, faute de place sur le site.
Pour rencontrer ces Maliens qui n’ont pas eu accès au palais de Treichville au meeting, le chef de la délégation Codemiste est resté à Abidjan pour 2 à 3 jours supplémentaires.
De Bouaké à Abidjan en passant par Yamoussoukro, le président de la CODEM a tenté de rassurer nos compatriotes sur le RAVEC. Il a, à plusieurs reprise, dénoncé l’injustice. En tant que politique, Poulo a fait savoir qu’il va mener ce combat jusqu’au bout.
Les caïmans d’Houphouët
dévorent un Malien
La nouvelle a fait le tour de la capitale politique, Yamoussoukro, et même du pays tout entier. En effet, les caïmans du président défunt de RCI, Félix Houphouët-Boigny, ont dévoré leur gardien de nationalité malienne, un certain DICKO, sans autre précision.
En effet, parqués dans un lac artificiel face de la résidence du président de la République à Yamoussoukro, ces caïmans, plus de 100, selon les sources, ont ‘’mangé’’ leur gardien, DICKO.
Selon les sources, ces caïmans, faute de nourriture, ont finalement dévoré leur vigile.
Ce gardien, nous a-t-on précisé, s’amuse avec ces reptiles dangereux: il nage avec eux, monte sur eux pour prendre des photos.
DICKO connaissait ces caïmans comme la paume de sa main. Il les surnommait général, colonel, capitaine... Il était très familiarisé avec eux.
A l’époque de Houphouët, on leur donnait à manger ânes, bœufs...
Les FRCI s’intéressent à la présidentielle malienne
Partout où on a passé, tout au long de la route, les FRCI ont demandé sur la possibilité de tenir les élections en juillet au Mali.
Certains agents vont jusqu’à demander qui va gagner ces élections: Vous (CODEM), IBK, Soumaila...qui ?
En tout cas, ils disent qu’ils suivent de près la situation au Mali à travers les médias.
De Pogo à Abidjan, les 200 postes de contrôles, plus de la moitié ont posé des questions relatives à la présidentielle à venir au Mali.
La crainte des coupeurs de routes
La guerre civile est finie en Côte d’Ivoire. Mais, la sécurité n’est pas encore gagnée. En effet, les voyages ne sont pas encouragés à partir de 16h30-17h. Les voyages nocturnes sont surtout déconseillés. Car, l’histoire des coupeurs de route est bien réelle dans ce pays. Dans la journée, pour sécuriser les usagers de la route, des postes ont été multipliés. Gendarme, police, douane, garde, militaire, agent des eaux et forêts...sont déployés sur le terrain. On peut affirmer qu’à chaque 10 km, il y a un poste de contrôle.
Par Hamidou TOGO
De retour d’Abidjan.


