Préparatifs des élections 2013 : Diango met la pression sur la CENI et la DGE
Ils sont 6 877 449 d’électeurs potentiels qui vont prendre part aux élections de 2013 dont le 1er tour est fixé pour le 28 juillet prochain qui va, dans les jours à venir,être soumis au conseil des ministres et se tiendront sur l’ensemble du territoire national, y compris la région de Kidal. Mais, lors de ces élections, les jeunes,qui ont les 18 ans accompliscette année,ne pourront pas participer aux scrutins.
C’est le constat qui ressort de la visite d’hier du Premier ministre,Diango CISSKO, à la Direction générale aux élections (DGE) et à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour s’enquérir du préparatif de ces élections.
Le président Dionounda TRAORE a annoncé, la semaine dernière,à Bruxelles, la tenue des élections présidentielles pourle 28 juillet prochainen ce qui concerne le 1er tour.
Pour s’enquérir des préparatifsde la mission qui rentre dans le cadre de l’exécution de la feuille de route de la transition, le Premier ministre, Diango CISSOKO, en compagnie de plusieurs membres de son département, s’est rendu à la DGE et à la CENI, deux structuresimportantes pour l’organisation des élections.
La délégation conduite par le PM a visité,en premier lieu, les locaux du fichier de la DGE logés dans la Bibliothèque nationale.
Ici, la mission a été accueillie par le directeur général aux élections, Siaka SANGARE, qui a salué l’initiative du PM de les rencontrer pour s’enquérir de l’état d’exécution des missions confiées à eux.
Il s’agit notamment d’élaborer et gérer le fichier, de confectionner et imprimer les cartes d’électeurs, d’assister la CENI à sa demande.
Selon M. SANGARE, les élections decette année se tiennent dans un contexte socio-économique difficile pour le pays où le paysage politique n’est pas clair,créant ainsi des défis à relever au nombre desquels, Il a cité notamment la sécurisation du processus, le renforcement de la confiance entre les acteurs intervenant dans le processus, le pari de réussir la mobilisation de plus en plus faible.
C’est justement la mobilisation qui est, selon lui, le baromètre et l’indicateur de la légitimité des institutions qui vont être issues de ces élections.
Sur l’élaboration du fichier électoral biométrique, il a rappelé qu’en novembre dernier, ils ont mis en place un schéma avec les acteurs du processus électoral.
Ce plan d’actions s’articule autour de la réalisation du logiciel de gestion de fichier, l’acquisition de matériel, le recrutement et la formation du personnel technique, l’impression des documents, etc.
A la date d’aujourd’hui, il a affirmé que la réalisation des principaux modules est effective.
Mais, il a déploré quelques retards dans la livraisondes mini-portables, au total 400, qui permettent d‘échanger des données pour les modifications possibles précisant que la date de livraison était arrêtée pour le 15 mai dernier.
Par ailleurs, il a suggéré au Premier ministre de passer un marché d’au moins 100 portages pour que le travail n’accuse pas de retard.
L’impression des documents pour la commission nationale d’établissement des listes électorales, en cours,vont se terminer avant le 25 mai, a assuré M. Siaka SANGARE.
En somme, selon M. SANGARE, le nombre d’électeurs potentiels pour ces élections est arrêté à 6 877 449 tirés du RAVEC, soit 3 439 521 hommes et 3 437 928 femmes.
Cet écart s’explique, selon lui, par le fait que les hommes étaient plus motivés et mobilisés que les femmes au moment du recensement.
Sur cenombre, ne figurent pas non plus les jeunes qui ont 18 ans cette année.
Selon M. SANGARE, ils ne pourront pas participer aux scrutins, tout simplement parce que leursempreinte digitale et photo n’ont pas été prises en compte dans le document du RAVEC.
«Le RAVEC lancé en 2010 ne prenait pas en compte les photos et l’empreinte digitale des enfants de 15 ans qui ont 18 ans cette année», a-t-il dit, avant d’annoncer que les élections vont se faire avec la carte NINA avec l’image de l’électeur qui remplace ainsi la carte d’électeur.
Revenir sur ça, selon lui, va en plus coûter cher à l’administration, mais aussi impacter la date annoncée pour les élections.
Il a par ailleurs relevé que sur le fichier, il y a 20892 électeurs dans les localités indéterminées, des doublons, des incohérences NINA et autres anomalies sur le genre.
Certaines de ces erreurs, a-t-il indiqué, peuvent être corrigées avant les élections ; mais il y a d’autres qui vont attendre deux ans au moins.
En conclusion, il a donné l’assurance qu’ils sont dans la dynamique du respect du calendrier électoral fixé par la transition.
Ensuite, la mission conduite par le PM s’est rendue à la CENI qui, selon son président, est dans la bonne voie du respect du délai électoral.
Saisissant l’occasion, Mamadou DIAMOUTANI a rappelé au Premier ministre les missions qui les attendent dans le cadre de ces élections, notamment le recrutement et la formation de 25 000 délégués dans les bureaux de vote, la gestion des observateurs nationaux et internationaux.
Le PM à la fin de la visite s’est dit réjoui du travail que ces deux structures sont en en train de faire pour respect du délai.
Son département prendra toutes les mesures nécessaires pour palier au plus vite les difficiles auxquelles elles sont confrontées.
« On n’a plus du temps. Nous allons travailler pour qu’il n’y ait plus de report», a déclaré le PM,annonçant que le gouvernement va permettre en place une campagne d’information sur le fichier biométrique qui n’est pas un instrument parfaiten soi.
Pour le PM, il faut monter à la communauté internationale que le Mali mérite leur confiance après qu’elle s’est mobilisée pour le pays avec la lutte contre le terrorisme dans le nord notamment.
Par Sikou BAH


